mardi 5 juin 2018

Le dérèglement climatique n’est pas un feu de paille



Vous le saviez, vous, que c’était la journée mondiale de l’Environnement ? J’avoue que je n’avais pas tiqué jusqu’à recevoir un mail. Un comble pour une journaliste qui se définit comme spécialiste « transition écologique ». C’est mauvais signe, non ? Cela m'a donné envie de retrouver mon blog.


J’ai la désagréable sensation que, plus la planète se dégrade, moins l’homme agit. Enfin pas l’homme (certains sont très conscients) mais nos politiques. Noyés dans le glyphosate et l’huile de palme, ils ne semblent plus y voir très clair. Même des événements forts me laissent pensives. Des vaches à BiodiversiTerre place de la République à Paris le week-end dernier? Ne dit-on pas que l’élevage bovin accentue l’effet de serre et la déforestation ? 
Pourtant il y a urgence. Des scientifiques tablent sur une hausse de la température moyenne de la surface de la Terre pouvant atteindre les 4,8°C au vu de la quantité possible d’émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2100. La sixième extinction animale de masse aurait débuté. La disparition d'espèces est cent fois plus rapide que par le passé. Je vous éviterai tous les chiffres...vous iriez consommer des anti-dépresseurs qui vont finir dans nos rivières...



Cette année, pour ce 5 juin, journée mondiale de l’environnement, l'ONU met l'accent sur la lutte contre la pollution plastique. Son slogan « Beat Plastic Pollution » (« en finir avec la pollution plastique »). Et un combat : lutter contre l’utilisation de plastique à usage unique .On a beaucoup parlé des sacs. Parlons maintenant des pailles. L’été approche, vous allez encore siroter votre cocktail en vous dorant la pilule. Une habitude sympathique mais nuisible à notre environnement. Les pailles en plastique jetables sont difficilement recyclables en raison de leur petite taille . Résultat : elles sont au mieux incinérées ce qui pollue l’air. Au pire elles finissent dans le caniveau. Et très probablement dans le ventre d’un poisson.
En France, chaque jour ,8,8 millions de pailles sont utilisées et jetées et ce uniquement dans la restauration rapide. Les pailles en plastique font partie des 10 déchets les plus ramassés sur les côtes françaises. 


Rappelons que chaque année ce sont 8 millions de tonnes de plastique qui sont déversées dans les océans . C’est l’équivalent d’une benne à ordures de plastique déchargées chaque minute.  Certains ont commencé à agir. Au Canada, la ville de Tofino a éradiqué les pailles en plastique depuis 2016. Aux Etats-Unis, Seattle est devenue la première ville à interdire les pailles en plastique dès l’été 2018. En Angleterre, McDonald’s va désormais passer aux pailles en papier grâce à une pétition. Les citoyens ont donc un rôle fort à jouer.  


Soyons indulgents :) Tout n’est pas si sombre dans notre beau pays, même si j’ai quelques doutes ces temps derniers. La France a déjà décidé d’interdire les gobelets, verres et assiettes jetables en plastique, ainsi que les cotons tiges en plastique, d’ici 2020. Pourquoi pas les pailles ? Arrêtons de regarder la poutre dans l’œil du voisin et passons à l’action ! La journée de l’environnement, cela devrait être tous les jours !

mercredi 11 avril 2018

Buvons du bon vin car nous allons trinquer !



C’est avec toujours un grand plaisir que je retrouve mon blog. Trop peu souvent mais c’est pour la bonne cause : je jongle entre les débats sur la pollution de l’air, les circuits courts de l’énergie, le numérique et l’humain et un futur colloque sur le climat en 2050. Je ne vais pas me plaindre. Si je reviens, c’est pour vous parler d’une expérience hors du commun que je viens de vivre. Goûter un vin venu directement de 2050 ! Je n’ai pas été propulsé dans une fusée dans l’espace perdant tout repère mais tout a commencé ce mardi soir au musée du vin dans le 16ème arrondissement de Paris. Le service de presse avait bien fait les choses. C’était le lancement de la Cuvée Bordeaux 2050. Une première mondiale. Nul n’avait osé jusqu’à présent. Je vous le répète, je suis une privilégiée. Derrière cet événement, l’association des journalistes de l’environnement, l'AJE. Son président Valéry Laramée de Tannenberg et Yves Leers ,spécialiste de l’environnement ont publié il y a presque 3 ans " Menace sur le vin, les défis du changement climatique " chez Buchet/ Chastel. Jamais personne avant eux n'avait abordé la question, personne ne l'a fait depuis. Et pourtant savoir que le "jaja" est menacé pour reprendre le terme employé par Valéry Laramée de Tannenberg, cela devrait en inquiéter plus d'un. 



Pour aller encore plus loin dans l’aventure, ils ont donc décidé de faire appel à l’œnologue Pascal Chatonnet, fondateur du laboratoire Excell. C’est ce chercheur qui a élaboré le vin du futur.

Plantons le décor d’abord. Nous sommes en 2050. Le dérèglement climatique est plus que jamais une réalité. Les conséquences sont fatales : les vignobles du centre de l’Espagne et de l’Aquitaine sont sur le point de disparaître si ce n’est déjà le cas. La carte présentée par Yves Leers parle d’elle-même : d’ici 70 ans les vignes pourraient se décaler de 1000 kilomètres au nord de leur limite traditionnelle. 1000 kilomètres au nord en diagonale, on se retrouve en Allemagne. En Angleterre, d’ores et déjà les viticulteurs font un très bon champagne.


L’impact du réchauffement sur le vignoble est multiple. Avec une augmentation de 2 à 4 degrés, l’arôme est appauvri et le goût trop mûr. Les périodes de sécheresse modifient le goût qui devient plus sec et amer. Sans oublier la grêle et les inondations qui gâchent le fruit. Ces 5 dernières années, Bordeaux a connu 3 périodes de sécheresse. Déduisez-en ce que vous voulez.

Cela n’augure rien de bon pour notre Bordeaux de 2050. Pour le réaliser, Pascal Chatonnet a assemblé les 2 cépages traditionnels de la région, le merlot et le cabernet sauvignon mais sous des latitudes plus au sud,  anguedoc-Roussillon et même Tunisie. Un climat plus chaud et plus sec. Vous me direz que le terroir n’est pas le même. C’est un fait mais globalement nous avons avec ce vin un avant-goût amer de l’avenir. Il est très différent du profil original. Un Bordeaux méconnaissable.


Je ne serai pas trop technique car je ne suis pas experte. Rien qu’à la couleur, il n’a plus rien d’un Bordeaux. Ce sont presque des couleurs de Gamay. Il faut dire que les pigments sont modifiés par la chaleur. De la même façon, le vin est fruité, des fruits rouges mais plutôt cuits. Rien de très frais. Quand vous le mettez en bouche, vous avez d’abord une sensation onctueuse, presque sucrée mais qui disparaît vite car les tannins prennent le dessus. Une astringence qui vient du merlot…stressé. Le pauvre! En résumé le vin est moins fin et moins élégant. Par ailleurs il ne vieillira pas bien. Pour le moment, certains viticulteurs de la région sont contents. Ils ont élaboré de bons vins après des étés chauds. La cuvée 2016 est remarquable. Mais attention, quand il fait trop chaud cela ne marche plus.


Comment faire alors ? Il est temps de réfléchir à d’autres méthodes. Certains réalisent des tests notamment avec des cépages portugais. Mais les cadres restent très rigides. Comme le rappelle Pascal Chatonnet, les trois maîtres-mots en matière de vinification sont « loyal,local et constant mais ne n’oublions pas, rien n'est constant. » Amateurs de bon vin, est-ce que je vous ai fait peur ? Le vin est notre patrimoine. S’il est atteint, il ne sera pas le seul. Comme le dit Yves Leers : « tant de choses sont à notre portée mais il en est une plus simple que les autres : se convaincre la réalité du changement climatique »

Je n’aurai donc qu’un mot : Santé !

mercredi 14 février 2018

Les robots sont nos amis :)


Difficile quand on parle du monde de demain de faire l’impasse sur l'intelligence artificielle.
Je n’ai pas envie de vous parler d’emplois détruits ou de prise de pouvoir par des intelligences supérieures même si Robopocalypse de Daniel H. Wilson m’a donné quelques sueurs froides (j’étale ma culture comme la confiture) .
Il y aura peut-être des robots pas sympas  voire très, très méchants mais certains sont nos copains. Ce sont les cobots, ceux qui nous facilitent la vie (et piquent l'emploi des caissières et des hôtesses d accueil ,diront les plus sceptiques). Une contraction de « collaboratif » et « robotique ».
Cap Digital leur a consacré une matinée ce mercredi. Un jour de St Valentin, cela ne s’invente pas. Le titre de l’événement : Futur.e.s #cobotique, ces robots qui nous veulent du bien.


J’ai été séduite par deux d’entre eux même s’ils ne m’ont offert aucune rose. Ils ont des jolis noms d’abord, ce qui ne gâche rien.
Keylo est développé par Wyca Robotics et intégré par Ublu. Un sympathique R2D2 en moins boudiné mais moins sexy aussi qu'une hôtesse ( oups! j ai fait une remarque machiste)
Le principe est simple : vous rentrez dans une clinique par exemple, Keylo repère votre présence et s’approche délicatement près de vous pour vous aider.
En façade, une série de boutons à sélectionner pour trouver une salle ou une information
Dressé sur roues, Keylo se déplace grâce à un laser complété par une caméra 3D et un odomètre. Il est même capable de scanner le relevé bancaire du client puis de lui délivrer le cadenas du box. Les premiers se sont vendus plus de 20 000 euros. Keylo est d'ores et déjà utilisé dans des centres de self-stockage, des établissements de santé et des laboratoires en Suisse, en Espagne, en Allemagne et aux Etats-Unis. Vous le verrez d'ailleurs avec l'exemple suivant, le marché international est bien plus friand de que le nôtre de ces robots (le Français serait-il craintif?) La start-up prévoit la vente de 100 robots en 2018 et un millier d'ici 2021.  Un peu classique, diront certains mais efficace.
J’ai davantage été séduite par Leka. Avec sa bouille toute ronde et ses yeux rieurs, il m’a fait fondre. Il s’adresse à des enfants mais pas n’importe lesquels. Les enfants « exceptionnels » comme dit son créateur Ladislas de Toldi. Ceux qui souffrent d’autisme, de trisomie ou de polyhandicap.  L’autisme touche tout de même un enfant sur 100 dans le monde, même un sur 68 aux Etats-Unis.
Leka les accompagne. Il vient en soutien des éducateurs et des parents. En suédois, Leka signifie « Jouer » et se « Soigner ». Ce robot sphérique de 18 centimètres de diamètre se déplace tout seul et propose "une stimulation multi-sensorielle " : couleurs, sons et vibrations. Comme l'explique Ladislas, ce robot facilite finalement le dialogue avec l'adulte, il peut même servir de sujet de conversation. L'accueil a également été plus favorable aux Etats-Unis, du moins plus simple. Des expérimentations sont en cours en France dans des établissements spécialisés. Une barrière est donc levée. Prochaine étape: l'industrialisation.


Leka SAS envisage aussi la mise en place d'un abonnement pour les parents qui prolongeraient ainsi à domicile les bienfaits apportés par Leja. Le potentiel est vaste car malheureusement avec le vieillissement de la population les troubles neurologiques se multiplient. Leka SAS souhaite étendre cette application aux adultes et notamment à ceux qui sont atteints de troubles cognitifs comme la maladie d'Alzheimer.
Ce sont deux exemples mais les applications sont multiples : être opéré à distance, porter un exosquelette, avoir un compagnon robotique à ses côtés au travail…14 février, je vous le dis, il va falloir apprendre à les aimer, ces robots. 








vendredi 9 février 2018

L’entreprise de demain : changer de métier pour anticiper l’avenir




Vous le savez tous : les preuves du dérèglement climatique ne cessent de s’accumuler.

Je ne parle pas de la neige en hiver même si elle provoque quelques réactions épidermiques mais des phénomènes récurrents : les inondations à un rythme de plus en plus régulier en Europe et les sécheresses de plus en plus marquées par des incendies en Amérique en témoignent.

Face à ces enjeux, il est plus que jamais temps d’inventer le monde de demain qui est déjà celui d’aujourd'hui car la mutation est enclenchée. Parlons au présent, ce sera beaucoup plus simple.

Veolia l’a bien compris. Comme le dit son PDG Antoine Frérot « c’est le rôle d’un groupe comme le nôtre d’ouvrir la porte et de prendre le risque de la nouveauté ».
Je ne m’étalerai pas sur les bons résultats de Veolia. Le groupe a dû mettre en place un plan d'économies drastiques pour se relancer, il a fallu passer par 500 suppressions de postes de travail et repositionner ses métiers.



Antoine Frérot affirme que tout va bien et parle d’un objectif de chiffre d’affaires en moyenne de 2 à 3% par an et de 4 à 5% pour le résultat opérationnel

Veolia a plus que jamais conscience que nous aurons un défi à relever en termes de ressources. Quand son cœur de métier est l’eau, l’énergie et les déchets nous pouvons comprendre les angoisses ou du moins les interrogations. En ligne de mire : 2040.


 
Pour apporter des réponses, rien de mieux que de savoir comment cibler son action. Pour ce faire, Veolia est allé interroger les habitants de la planète par le biais d’une étude. Elle a été menée par le cabinet Elabe auprès de 14 000 personnes dans 28 pays à la fin de l’année dernière. Nous sommes vite frappés par les convergences.
84 à 98% des personnes interrogées affirment que quel que soit notre pays, nos destins sont liés. Évidemment chacun a des choix très disparates.
La Corée du Sud recycle plus de la moitié de ses déchets quand la Colombie n’en recycle qu’1%.
La Suède a un mix énergétique avec près de la moitié de renouvelables et l’Arabie Saoudite recourt presque exclusivement aux énergies fossiles. Et pourtant la sensibilisation est bien présente.
Malgré les peurs, la majorité fait le choix de l’espoir. Tous font confiance à l’intelligence humaine (eh oui, il faut encore y croire)

85% ont foi dans les innovations technologiques et 84% dans l’évolution des comportements individuels. Les 2 autres principaux leviers sont les financements et la réglementation.
Une opinion publique mondiale est donc en train de se constituer sur les questions du changement climatique 

Face à ce constat, Veolia met en avant les solutions qu’il a déjà mis en place. Lutte contre la pollution, énergie décarbonée, décentralisée et digitalisée, l'entreprise répond présente mais je ne retiendrai qu’une thématique : l’alimentation.

« Cela peut vous sembler étrange » affirme Antoine Frérot. J’avoue, je me suis dit la même chose.
Et pourtant à y regarder de près, le principal enjeu de 2040 est bel et bien la raréfaction de l’eau qui affecte directement notre approvisionnement alimentaire.
2 milliards d’hommes seront dans une vingtaine d’année sous stress hydrique.
Sans oublier la hausse de 30% de la demande en énergie dans le monde.
Près d'un tiers de cette énergie est d’ailleurs consommée par la chaîne alimentaire.
Veolia produit ainsi des fertilisants et des engrais organiques.
A partir de déchets près d’Arras en France ou de boues d’épuration à Milwaukee aux Etats-Unis.


Veolia développe aussi partout dans le monde des solutions d’irrigation qui repose sur le recyclage des eaux usées en France. Il mène notamment un partenariat avec la FNSEA sur le « reuse intelligent »Cette méthode permet également de conserver les éléments nutritifs comme l’azote et le potassium. Il y a du chemin à parcourir car seulement 2% de l'eau est recyclé.

Veolia travaille aussi étroitement avec Danone dans la gestion de ses ressources ou encore avec Nestlé au Mexique.
Ce n’est pas tout : Veolia est acteur de la lutte contre le gaspillage alimentaire.
Il a monté un partenariat avec Eqosphere pour valoriser les invendus dans les grandes surfaces.

Quid de la nourriture pour animaux ? Veolia mène deux expérimentations de production de protéines animales à partir de larves d’insectes en France et en Malaisie.
Là encore, il est partenaire de 2 starts up Mutatec et Entofood qui élèvent des larves de mouches sur des biodéchets avant de les transformer en huile et en farine pour l’alimentation des poissons. Veolia s’implique même dans l’agriculture urbaine notamment à Lille et à Bruxelles.



Le groupe est sur tous les fronts car il est entré dans une logique globale à l’image des enjeux climatiques.

En leader, il veut être plus que jamais présent partout. Une entreprise à 360° symbolisée lors de la présentation à la presse ce 8 février par la diffusion d’une vidéo 3D. Nous avions chaussé des casques virtuels pour l’occasion. Pour des problématiques plus que réelles. Veolia a l’air de bien vivre cette mutation, elle est nécessaire pour répondre aux enjeux et poursuivre son activité. L’entreprise s’adapte, l’homme doit aussi le faire. De quoi engendrer la peur. Mais restons enthousiastes ! Car nous avons tout à prouver.


jeudi 18 janvier 2018

Artistes et scientifiques main dans la main face au changement climatique



Derrière ce titre énigmatique, un événement qui aura lieu dans 2 semaines, les 2 et 3 février à la Cité internationale des Arts à Paris.

A la manœuvre, la fondation Daniel et Nina Carasso et la Chaire Arts&Sciences fraîchement créée en 2017.

Il s’agit d’une expérience inédite à laquelle vont participer des centaines d’artistes, de chercheurs et de chercheuses et de groupes de travail d’horizons différents. 

Objectif : les rassembler autour de questions urgentes de notre monde contemporain. Le concept m’a donné envie d’en faire la publicité 😊 

Cette expérience parle à la Fondation Daniel et Nina Carasso dont la vocation est de financer et d’accompagner des projets dans 2 grands axes: l’alimentation pour entretenir la vie et l’art pour enrichir l’esprit.

Tout est parti d’un appel à projets autour de cette problématique: composer les savoirs pour mieux comprendre les enjeux contemporains.
La Fondation a au final soutenu 45 projets et pris conscience de l’émergence d'une communauté qui réunit artistes, scientifiques et monde associatif autour des thématiques de la santé, de l’éducation ou encore de l’environnement. En filigrane, la lutte contre le dérèglement climatique.




Parmi ces projets, le « Télescope intérieur ». En février dernier 
Thomas Pesquet a réalisé à bord de la Station spatiale internationale, à l'initiative de l'Observatoire de l'Espace du CNES, l’œuvre d'Eduardo Kac.
Un téléscope en papier flottant autour du spationaute. C’est la première création artistique dans l’espace.  Dans un tout autre domaine, Catherine Rannou travaille en Bretagne sur le recyclage des équipements de l’agriculture industrielle.

Cet événement est donc tout à fait emblématique de la mutation de notre société. Comme le dit Jean Marc Chomaz, artiste physicien, responsable de la chaire Arts et Sciences « il faut inventer collectivement un futur. Les sciences ne sont qu'une contribution. »

Les projets développés sont parlants. Comme cette machine qui crée un nuage et qui est capable de lire un texte lettre par lettre. Une classe de CM1 de Palaiseau va composer des poèmes autour des nuages et la machine les lira à son rythme « en slow mode ». Pour aller à contrepied de l’immédiateté de notre société

Pour Samuel Bianchini de l’EnsadLab au sein de l’école nationale supérieure des arts décoratifs et également responsable de la Chaire, « les disciplines se sont spécialisées, or ce contexte impose la pluridisciplinarité.

Les arts sont préoccupés par la relation au public ce qui n’est pas toujours le cas de la science qui s’adresse d’abord à ses pairs et pourtant la recherche n’est pas isolée de la société ».


Mélanie Bouteloup la commissaire de « Nous ne sommes pas le nombre que nous croyons être » a fait le choix de s'inspirer de l’œuvre d’Ursula leGuin, auteure de science-fiction qui n’a pas choisi les OVNI mais de prendre de la distance par rapport à notre monde.

« Les quatre vents du désir », recueil de nouvelles est le point de départ de l’évènement. Il est donc construit autour des titres de chaque nouvelle, Labyrinthes , le Journal de la Rose ou encore l’Ecole pour devenir invisible. Parmi les thèmes des ateliers, militantisme et écologie, d’actualité avec l’abandon du projet de Notre-Dame des Landes, comment gérer une grande masse d’informations, pouvoir et contre-pouvoir ou encore les musées et les institutions.

En tant que journaliste, une série d’événements a retenu mon attention, Nassira el Moaddem, directrice du Bondy Blog a décidé sortir de sa « zone de confort et d’aller à la rencontre du public » avec un atelier pour expliquer comment créer un site d’infos.

Elle propose aussi une conversation avec des artistes engagés dans les quartiers populaires : comment rendre visibles celles et ceux qui ne le sont pas. Enfin le clou de l’évènement la Discontrol Party toute la nuit.

Piste de danse et salle de spectacle deviennent un night-club aménagé en salles de contrôle. Le public est confronté à un système informatique qui l’observe et tente de l’analyser. 


Pourquoi ne pas le déjouer et tenter de le faire bugger ? « Si on s’embrasse tous devant une caméra de surveillance, la donne change » explique avec le sourire Samuel Bianchini.

L'art nous invite à dépasser nos limites et c’est bien le défi que nous aurons à relever dans les prochaines décennies.

Pour certains, un évènement de ce type reste très conceptuel , « Nous ne sommes pas le nombre que nous croyons être « a le mérite de nous faire prendre conscience que notre monde change.

Comme le dit Mélanie Bouteloup, comment inventer toutes sortes de formes qui convoquent et représentent, qui activent et mobilisent en impliquant des constellations d’acteurs afin d’imaginer un futur désirable un projet de société vers lequel puisse converger notre volonté collective ? » La réponse est vaste et le programme très dense donc je suis certaine que vous trouverez votre bonheur à la Cité internationale des Arts les 2 et 3 février prochain.

mardi 5 décembre 2017

Des remorques de camions pour loger les SDF


Mon pauvre blog, je te délaisse depuis un moment. Des podcasts pour Ekopo et des débats plus riches les uns que les autres sur la transition énergétique et l'économie circulaire, bientôt World Efficiency Solutions, je ne sais plus où donner de la tête mais j’ai décidé de te retrouver aujourd'hui pour la bonne cause. Car après avoir passé 3 heures dans les magasins à chercher des cadeaux de Noël pour ses enfants, malgré l’attente, je ne peux que me dire que j'ai bien de la chance.

Le chiffre est brutal: L’an dernier ce sont plus de 500 personnes qui sont mortes dans la rue. Il est même parfois difficile de le savoir précisément. Cruauté de l’anonymat de nos métropoles. L’hébergement manque. Cela fait d’ailleurs dresser les cheveux sur la tête. C’est pourquoi il faut saluer l’initiative de l'Association lyonnaise HOME 311. Après Une Villa En Urgence elle lance les Camions en Urgence. Une Villa en Urgence, ce sont des solutions de logements modulaires pour les réfugiés climatiques. Les Camions en urgence c’est l’idée d’utiliser les caisses de camions frigorifiques pour construire une remorque logement pour 12 personnes.

« Alors que nous discutions avec différents partenaires de la Villa En Urgence dédiée aux réfugiés climatiques, il nous a semblé évident que ce que nous pouvions faire pour des habitations de moyens terme, nous pouvions le mettre à disposition des organisations qui aident les sans domiciles au quotidien sachant que nous pouvons compter sur plusieurs centaines de remorques disponibles d'ici très peu de temps.”  explique Frédéric Tabary de l'association Home 311. Le principe est simple : aujourd'hui, des milliers de remorques frigorifiques finissent par polluer les décharges en Afrique car des normes drastiques imposent qu'elles ne soient plus utilisées après 12 ans. Pourquoi ne pas leur trouver une meilleure destination ?

‘Ces caisses de camions sont nativement parfaitement isolées et facilement transformable en solution de logement passives, elles seront équipées de 12 couchages, de douches, WC, et lavabo. Nous prévoyons aussi que cette remorque principale soit accompagnée d'une plus petite remorque afin que les animaux de ces hommes et femmes puissent dormir au chaud, condition indispensable pour que certains SDF dorment dans le camion en urgence. » Une vidéo très claire vous explique d’ailleurs le principe.

Mais tout n’est pas si rose et il reste des obstacles. Financiers tout d’abord. Il faut 20 000 euros par camion pour réaliser de véritables logements et pas de simples abris qui ne pourront pas durer dans le temps. L'association Home 311 a eu la bonne idée de demander aux patrons des plus grosses entreprises françaises de se mobiliser et de chacun participer à hauteur de 20 000 euros par camion.  Deux d’entre eux ont d’ores et déjà répondu présents. Leurs noms ne seront dévoilés que lorsqu’une association aura pris le relais. C’est une prochaine étape à franchir.

Cette association devra prendre en charge les nuitées dans les deux camions. Les élus des villes intéressées devront aussi mettre  à disposition un emplacement pour ces deux maisons d'urgence.

Les Camions En Urgence doivent également être raccordés au réseau d'eau et au tout à l'égout ainsi qu'au réseau électrique de la ville.

Objectif de l'opération: reloger 4 800 personnes d'ici quelques mois. Pour en savoir plus http://www.unevillaenurgence.org/

lundi 13 novembre 2017

Une solution lumineuse pour mieux vous aider à dormir



Avez-vous bien dormi cette nuit ? Vous avez intérêt car votre santé peut vite s’altérer. Et la santé c'est aussi une question de développement durable... Connaissez-vous le rythme circardien ? Il régit tout notre processus biologique sur environ 24 heures. Si vous avez tendance à vous coucher tôt, vous avez plutôt un rythme de moins de 25 heures et de plus de 25 si vous êtes un couche-tard (étonnant d'ailleurs de se caler sur 25 heures quand une journée en compte 24:) . Le rythme circadien est quand même la clé de voûte de notre existence : il régule les capacités cognitives, le cycle de sommeil, la température corporelle, la fréquence cardiaque, l’humeur et la mémoire. Inutile de vous faire un dessin.  
Quand vous n’avez pas votre content de sommeil ou  que vous êtes en jet-lag, il ne vaut mieux pas vous approcher. Et moi non plus 😊 Nous les humains, ce qui nous anime, c’est la lumière du jour. C’est juste derrière les yeux que tout se passe. Au niveau de l’hypothalamus. Au final, en l’absence de lumière, notre horloge biologique s’allonge et on dort moins bien. Le manque d’exposition à la lumière naturelle finit par dérégler le rythme biologique. Dans les bureaux à la lumière artificielle et devant des écrans, nous perdons le nord. Impossible de fabriquer suffisamment de mélatonine pour rejoindre les bras de Morphée rapidement. En un siècle, nous avons perdu une heure de sommeil. Le docteur François Duforez médecin du sport et du sommeil et praticien rattaché au centre du sommeil et de la vigilance de l’Hôtel Dieu de Paris en fait le constat régulièrement.


Je vais éviter d’être trop technique mais si vous voulez briller en société, sachez que la lumière perçue se décompose en Lux et M Lux.
Les Lux sont captés par des photorécepteurs situés sur la rétine qui assurent la fonction visuelle.

Les M Lux activent la sécrétion d’hormones et permettent la synchronisation de l’horloge biologique.

Je passerai aussi rapidement, pour éviter de trop vous déprimer, sur une étude qui prouve que des rats se retrouvant avec un faible taux de mélatonine développent des cancers.


Que faire alors ? Installer son bureau en plein cœur de la nature et suivre le rythme naturel ? Ce serait le rêve. Réalisable pour peu de nos contemporains. Heureusement que des entreprises se préoccupent de notre santé. C’est le cas de Lucibel qui produit des ampoules LED. Le nom de sa solution : Cronos. Un luminaire innovant permettant de synchroniser le rythme circadien des individus. Cette PME n’est pas la première à proposer des luminaires circadiens mais elle a le mérite d’avoir fait appel à des médecins ( donc le docteur Duforez) et une équipe de chercheurs français en neurosciences pour réaliser son produit.

Le principe est simple : Cronos reproduit l’éclairage du soleil. Il varie en intensité et en température de couleur en suivant un scénario de façon autonome.

De 9h à 12H, la lumière monte progressivement en intensité pour redescendre jusqu’à la fin de la journée. Tout se passe de façon imperceptible mais votre corps n’est pas indifférent à cette belle « lumière de juin dans les Alpes » dixit Lucibel (c’était pour la touche de poésie). Car la clé est là comme le dit le docteur Duforez : « si vous êtes bien réveillés dans la journée, vous dormirez très bien la nuit ». 



Il aura fallu 4 ans de développement pour en arriver là.
Le marché pour Lucibel est colossal. Le secteur tertiaire en premier lieu car dans les bureaux cette lumière permet de renforcer la concentration et d’améliorer l’efficacité en journée.

C’est exactement la même chose dans les classes. Un programme School vision a d’ailleurs été mis au point pour vérifier son efficacité : une salle de classe a été équipée de luminaires circadiens pendant 2 périodes de 8 jours.
Résultat : un temps de résolution à des tests logiques réduit de 20%.

Dans les hôtels, ce luminaire permet de récupérer du décalage horaire et de mieux dormir (en même temps il faut passer un certain temps dans cette chambre pour profiter des bienfaits de l’éclairage). Je suis bien plus convaincue par la solution apportée dans les hôpitaux car c’est une réponse à une question de santé publique. Cette amélioration du quotidien a un coût : Lucibel parle d’un prix premium supérieur de 50% à celui d’une LED classique. Le luminaire downlight Ores Cronos est déjà en vente. La PME n'en reste pas là et va lancer d'autres produits dans 18 mois. Un fabricant de LED qui se met au service de la santé, c’est lumineux !