mercredi 20 septembre 2017

Quand les humains ont le nez creux


J’adore l’humanité. Surtout quand nous avons des idées de génie. Nous avons ainsi l’art de décréter des journées mondiales. Pendant 24 heures, ne se centrer que sur la prostate ou les océans (dans l'ordre ou le désordre). Ne plus penser à soi mais au malheur d’autrui ou parfois aux petits bonheurs. Aujourd’hui Facebook a proposé spontanément une journée des câlins. Des Free Hugs à tous ceux qui vous entourent juste pour le plaisir. J’avoue avoir cédé mais je suis un peu faible en ce moment. Cette journée là sert éventuellement à se dire que nous avons des amis mais la démarche ne va pas bien loin. Le 22 septembre sera une autre journée mondiale celle du…rhinocéros. Pour tout vous dire, cela m’arrange franchement de ne pas la combiner avec la journée des câlins car serrer dans mes bras un rhinocéros, c’est au-dessus de mes forces. Et pourtant elle en aurait bien besoin, la brave bête. 


Le 23 août dernier ,on apprenait que John Hume, le principal éleveur de rhinocéros au monde, avait décidé d’organiser la vente aux enchères la plus controversée d'Afrique du Sud. En vente près de 264 cornes de pachydermes pour un poids total avoisinant les 500 kilos. Pourtant le gouvernement et les associations étaient montées au créneau. Ces enchères ont été mises en place en toute illégalité. Car ce commerce est interdit au niveau international. Mais les hommes n’arrêtent pas leur trafic. Plus de 1000 rhinocéros sont abattus chaque année en Afrique du Sud, ce pays qui abrite environ 80% de la population mondiale de ces pachydermes. En mars dernier c’est Vince, un jeune rhinocéros blanc qui était tué par des braconniers dans le Parc Zoologique de Thoiry. Le kilo de corne composé de kératine peut se vendre jusqu'à 60.000 dollars au marché noir. Tout cela pour des prétendus bienfaits thérapeutiques ou des vertus aphrodisiaques. Résultat : le rhinocéros est en voie de disparition. Heureusement il y a des rayons de soleil dans ce monde de brutes. Je remercie Elodie de m’avoir transmis l’information : les nouvelles technologies peuvent venir au secours des animaux.



Le projet « Connected Conservation » a été mise au point par Dimension Data, une société technologique basée en Afrique du Sud, en partenariat avec Cisco, leader mondial des réseaux. Leurs technologies sont déployées dans une réserve animalière proche du Parc national Kruger, afin de surveiller l'activité en temps réel. ​​​ Grâce à des points d'accès Wifi installés stratégiquement, un système de vidéosurveillance, des drones dotés de caméras infrarouge, l'usage d'imagerie thermique et des capteurs sismiques permettent une surveillance sans précèdent des rhinocéros. Sans perturber leur mode de vie.


"Avec Connected Conservation, nous ne touchons pas aux animaux, nous ne leur injectons pas de tranquillisants pour ensuite placer des capteurs sous leur peau ou dans leurs cornes.» explique Bruce Watson, le patron de Cisco Alliance-Dimension Data.

Et ce n’est qu’une première étape. Les ingénieurs espèrent déployer ce dispositif pour venir en aide à de nombreuses autres espèces animales, comme les pangolins, les lions et les éléphants d’Afrique mais aussi les tigres indiens. Quand l’humanité se met au service de la nature. Ça donne envie de donner un gros câlin finalement…

mardi 12 septembre 2017

Pour Un Monde Meilleur

Mon pauvre blog, te voilà bien délaissé. Il est vrai que j'ai pris le temps de quelques congés pour mieux me ressourcer mais depuis la rentrée je ne viens même plus te visiter. C'est un peu pour la bonne cause. Je vais prêcher la bonne parole ou plutôt accompagner les associations, les structures d'état et les entreprises dans leur démarche. Me voilà Madame Loyal de colloque sur la performance énergétique, de débat sur l'industrie du futur dans l'automobile ou encore de conférence sur les dangers des perturbateurs endocriniens. Un vrai régal pour mon cerveau. Mais je n'en oublie pas mes premières amours à savoir la radio. Grâce à Emilie Kovacs, fondatrice d'Ekopo je suis retournée derrière le micro pour animer une nouvelle émission "Pour un Monde Meilleur". Je suis ravie que le directeur développement durable d'AccorHotels Arnaud Herrmann et le directeur RSE du groupe Carrefour Bertrand Swiderski aient accepté de participer.
Un bel échange sur l'économie positive et comment changer le monde. Pas de langue de bois mais beaucoup de belles énergies. Voici le lien pour écouter ce podcast:
https://www.ekopo.fr/single-post/2017/09/08/Podcast-radio-Pour-un-Monde-Meilleur

Emilie et moi n'avons qu'une envie: que l'émission se poursuive. Pouvoir valoriser des grands groupes mais aussi des start-up , des PME et des associations dans leur volonté d'œuvrer pour une transition responsable. Alors si un lecteur de ce blog se révèle sponsor dans l'âme ce sera parfait. :)
Sinon écoutez, faites vos commentaires, likez et partagez. Bref faites-le savoir pour un monde meilleur!

mercredi 23 août 2017

La planète sans artifice


Vous le savez certainement puisque l’information a été largement relayée : nous vivons à crédit depuis le 8 août. Nous, cette belle humanité, avons englouti plus que ce que la planète est capable de régénérer en un an.  Nous avons émis plus de déchets et de gaz à effet de serre que ce que la terre est capable d'absorber. Nous puisons donc allégrement dans des ressources qui s’amenuisent de plus en plus. Quelques alertes sur les réseaux sociaux, un œil un peu humide sur le journal de 20 heures. Et hop nous sommes repartis de plus belle. Après tout…

Et pourtant il y a eu un autre signal négatif : le climatologue Jean Jouzel a profité de l’été pour tirer la sonnette d’alarme « Pas besoin de faire de catastrophisme : la situation est catastrophique…Pour espérer rester en deçà de 2°C de réchauffement par rapport à l'ère préindustrielle, il faudrait que le pic d'émissions de gaz à effet de serre survienne au plus tard en 2020", souligne le climatologue. Nous n’avons que 3 ans devant nous. Sur la plage cela fait désordre mais allez, continuons de bronzer sous ce soleil bientôt très, très chaud.

Nous avons donc (et je ne suis pas la dernière) profité de cette richesse qui nous est offerte. Et notamment les feux d’artifice au-dessus de la mer. Un spectacle majestueux qui a en particulier fait briller mes yeux le 17 août à Juan les Pins.  Le feu d’artifice, 15 minutes de féérie, pour 50 à 70 bombes.  Le projectile le plus courant est appelé « la bombe » (nous ne parlons pas de moi). 

Placée dans un mortier, elle est propulsée dans l’air grâce à de la poudre noire. Mélange de souffre (10 %), de charbon (15 %) et de salpêtre (75 %), cette poudre permet la propulsion, la couleur, le bruit, l’allumage de la bombe, la propagation et le retardement. Elle permet aussi la combustion, ce qui fait souffrir l’environnement. Elle est originaire de Chine.

En explosant, la bombe libère des millions de particules de poussières très fines et du gaz qui peuvent se rabattre sur les spectateurs en raison du vent. Elles peuvent également se maintenir dans l’atmosphère quelques jours puis se déposer dans l’environnement .

Ces particules issues de l’explosion d’un feu d’artifice, seraient cinq fois plus polluantes que celles du smog.

Heureusement tout n’est pas si sombre. Certains produits utilisés sont pour la plupart biodégradables. Et puis la récupération des déchets engendrés se met en place. Bouts de carton, d'aluminium, de plastique, fils électrique... A Cannes par exemple des plongeurs bénévoles se transforment en éboueurs d’un nouveau genre pour récupérer ces résidus dans leur filet.

Faut-il donc renoncer au plaisir d’un beau feu d’artifice ? La question est posée (même si elle semble bien légère). Plus globalement quand allons-nous comprendre que nous filons un mauvais coton ? Au moment de la COP 21 la neurobiologiste Sylvie Granon livrait une analyse intéressante. La voici en partie:

« De quelle catégorie relève la protection de l’environnement ? Force est de constater qu’elle n'est pas perçue comme un besoin vital. Et pour cause : les effets de la dégradation environnementale semblent, en général – même s’il y a des exceptions notables -, très éloignés dans le temps ou dans l'espace, en tous cas trop lointains pour être vus comme une menace directe. Cela tient au fait qu’en termes de survie à court terme, la préservation de l’intégrité physique de l’individu passe avant l'orientation de ses ressources (mentales, d'action, ou financières) vers la sécurité environnementale.

Les attentats et la crainte qu’ils génèrent fournissent une illustration malheureusement tragique de ce phénomène. Ce qui, bien entendu, est normal : il ne servirait à rien d'avoir une qualité de l'air optimale si nous sommes tombés sous les bombes. Ceci explique également que pour que les nations et les individus prennent en compte la sécurité environnementale, il faut d'abord que leurs besoins matériels vitaux immédiats soient satisfaits. Ainsi, la lutte contre le chômage - qui affecte le bien-être actuel de la population - passe avant la prévention des dégâts environnementaux qui affecteront principalement les générations futures.


Il est également important que l’école transmette aux enfants les bonnes pratiques qui permettront de rendre routiniers les comportements bénéfiques à l’environnement. Ce qui, par ricochet, permettra à ces comportements de se diffuser dans la sphère familiale puis dans la société. Cette approche a déjà fait ses preuves pour les économies d'eau ou le recyclage des emballages, désormais adoptés par la majorité des enfants et des familles.  Enfin, pour « déconstruire » rapidement des comportements automatisés délétères, la "punition" semble la plus efficace. La priorité sera ici de les réprimer par des interdictions et des contraintes couplées, par exemple, à des amendes financières

Toutefois si l'on souhaite infléchir durablement le comportement des individus, il est nécessaire de les impliquer dans l’élaboration des contraintes. Et, parallèlement aux punitions sanctionnant les mauvais comportements, il faut renforcer les « bons choix » pour que les émotions qui en découlent soient immédiates et positives. » Vous savez ce qui vous reste à faire en 3 ans…


jeudi 6 juillet 2017

Un plan climat, vite!






Etre ministre de la transition écologique…et solidaire cela ne doit pas être facile tous les jours. Et personnellement je ne pense pas que j’aimerais être à la place de Nicolas Hulot. Il y est allé avec une grande conviction mais jour après jour, nous sentons bien que la tâche est rude. Son plan Climat a donc été dévoilé. Sur le papier les objectifs sont plus qu’appréciables :

-Rendre irréversible la mise en œuvre de l’Accord de Paris ;

-Améliorer le quotidien de tous les Français ;

-En finir avec les énergies fossiles et s’engager dans la neutralité carbone ;

-La France n°1 de l’économie verte ;

-Encourager le potentiel des écosystèmes et de l’agriculture ;
-Intensifier la mobilisation internationale sur la diplomatie climatique.
Personne ne peut y trouver à redire. Sauf ceux qui n'y croient pas.


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Je n’ai pas eu le temps de rentrer dans tous les détails (il faudrait que j'arrête de travailler:) ) mais quelques annonces ont retenues mon attention. J’ai envie de les saluer et en même temps de dire :’et après ? »

Je salue ainsi particulièrement la décision d’"éradiquer en 10 ans la précarité énergétique". 8 millions de Français en sont victimes. « Le gouvernement proposera un accompagnement à tous les Français modestes, pour que locataires et propriétaires en situation de précarité énergétique (c’est-à-dire ayant des difficultés à se chauffer ou à payer leur facture d’énergie) puissent se voir proposer une solution. Le gouvernement se fixe comme objectif de faire disparaître en 10 ans les passoires thermiques, c’est-à-dire les logements qui, mal isolés, conduisent à la précarité énergétique. » Cela fait un moment que le sujet est sur la table. Il est temps que les mesures deviennent efficaces. Ce que je lis me semble flou. Nicolas Hulot s’engage aussi en faveur de l’économie circulaire et reprend les chiffres de Federec, 22,5 millions de tonnes de CO2 sont évitées chaque année en France grâce au recyclage des déchets .
"En 2025, l’objectif est de viser le recyclage de 100% des plastiques sur tout le territoire et de diviser par deux les déchets mis en décharge. " IL y a encore un grand chemin à parcourir. 


Le ministre s’attaque aussi à la problématique du diesel  « C’est pourquoi nous fixons aujourd’hui l’objectif de mettre fin à la vente de voiture à essence ou au diesel en 2040, pour encourager les constructeurs automobiles à innover et à devenir leader de ce marché. » 2040, j’aurais aimé un objectif plus rapproché. Les technologies existent, il faudrait que les coûts diminuent.
Nous ne pouvons aussi que constater que la mise en œuvre de ces annonces ou du moins le lancement de la réflexion sont renvoyés à l’année prochaine (attente de feuilles de route et autres programmations pluriannuelles.) Les Etats généraux de l’alimentation sont aussi une bonne nouvelle pour faire avancer l’agriculture. Mais déjà certaines associations dont la FNH, Fondation pour la Nature et l’Homme qui a porté depuis des mois cette initiative, affirme qu’elle « sera attentive à ce que ces EGA répondent à plusieurs critères de réussite : une ambition élevée, le maintien des acquis, la transversalité des sujets (économie, santé-environnement, agroécologie, bien-être animal…) »


En résumé le discours progresse car Nicolas Hulot y met ses convictions  (j'y vois des nouveautés) mais une sensation de frilosité s’installe. Pas d’allusion à une éventuelle taxe sur les transactions financières (TTF) et la réforme de la politique commerciale européenne. Et que dire en termes de transition énergétique ? Il est fait référence à la nécessaire fermeture de centrales mais les précisions manquent encore sur le calendrier et les moyens pour y parvenir à l’occasion de la prochaine programmation pluriannuelle de l’énergie. Les objectifs de la loi de la transition énergétique sont toujours à atteindre.
Je suis française. Je vois parfois le verre à moitié vide et pourtant ce n’est pas ma nature. Mais pourquoi un discours sur l’urgence de changer la donne et prendre autant de temps pour passer à l’action ?! Ne me dites pas qu'il y a encore des grands méchants derrière... Nicolas, plus que jamais nous comptons sur toi!

mardi 13 juin 2017

Seriez-vous un bon sérendipitiste ?




Une fois n’est pas coutume je vais m’éloigner un tantinet de mes sentiers battus. Pour finalement mieux y revenir. Vous allez comprendre pourquoi. J’ai envie de vous parler Sérendipité. D’abord parce que ce mot est beau et mystérieux. La première fois que je l'ai entendu, je me suis demandé ce que cela signifiait. Je me suis un peu inquiétée puis rassurée car ce mot était absent des dictionnaires français avant 2012. Je n’ai pas loupé quelque chose au moment de mes études de lettres. Il vient de l’anglais Serendipity. Et un livre lui est consacré : "C’est quoi la sérendipité ?" de Danièle Bourcier et Pel van Andel édité au Courrier du Livre. Les deux auteurs recensent 80 découvertes dues au hasard. Car c’est bel et bien le don de faire des trouvailles, une faculté de découvrir d'inventer ou de créer ce qui n’était pas recherché à l'origine. Totalement fascinant. Et finalement de la surprise nait une invention qui va bouleverser le cours de l’histoire. Dans ce livre, il y a en a pour les gourmands avec la tarte tatin, les hypocondriaques avec l’aspirine et la pénicilline ou encore les maniaques organisés avec le post-it.



Il y en a aussi pour les convaincus de la transition écologique. Je vous donnerai 4 exemples. La bouillie bordelaise dans un premier temps. S’il n’y avait pas eu de maraudeurs, nous n’en serions pas arrivés là.

Pour les décourager, les vignerons avaient pris l’habitude de répandre sur les feuilles des pieds de vigne les plus exposés un mélange de sulfate de cuivre et d’eau additionné de chaux qui rendait les grappes difficiles à consommer.

Ils se sont ainsi aperçus que les ceps se montraient ainsi plus résistants.
Il a fallu que Pierre Marie Alexis Millardet mette son grain de sel. Ce botaniste découvre le principe et en fait un fongicide.

Autre exemple , la fission nucléaire. Les écolos convaincus vont avoir le poil hérissé mais figurez-vous que là encore c’est une histoire de hasard. Malheureux, diront certains.



En Allemagne, Otto Hahn et Fritz Strassmann s’amusent en 1938 à bombarder l’uranium de neutrons. A chacun son activité. Mais le résultat n est pas cohérent: des atomes de baryum apparaissent au cours de l’expérience. Il faut se rendre à l’évidence : l’atome peut se couper en 2. Ce qui ouvre le champ de l’énergie atomique

La mobilité a aussi sa sérendipité avec la découverte de l’omnibus.
En 1826 à Nantes, Stanislas Baudry construit une minoterie à vapeur mais il y a un petit souci : trop de vapeurs s’échappent inutilement.
Il décide d’utiliser cette eau chaude pour créer des bains douches( De nos jours on chaufferait la piscine avec le data center voisin).
Mais personne ne vient, Stanislas Baudry se dit que le bâtiment est certainement trop excentré.
Il décide donc de mettre en place une navette avec une voiture à cheval depuis Nantes. Résultat : les voitures sont pleines mais pas les bains douches. Les gens de la région veulent avant tout pouvoir se déplacer.
Baudry ferme ses bains et sa minoterie et crée le premier réseau d'’omnibus de Nantes.


Enfin nous parlons de plus en plus de biomimétisme. La nature ne cesse de nous inspirer. C’est le cas avec le Velcro.

Ainsi Georges de Mestral faisait dans les années 40 des promenades dans les Alpes avec son chien.
Des petites boules très agrippantes se collaient sur le poil de l'animal,il s’agissait des fleurs de gratteron. Au microscope, il voit que les éléments sont munis de petits crochets.

Il se fixe un objectif : faire adhérer 2 surfaces qui portaient des dispositifs d'accrochage compatibles. Il lui faudra tout de même 10 ans pour y parvenir.
Avec l’aide d'un fabricant de textile de Lyon il met au point un procédé qui révolutionne le secteur : il met en contact 2 pièces de nylon traitées différemment, l’une à l infrarouge pour obtenir des crochets et l’autre plus douce et veloutée pour avoir des boucles.

Il appela son invention Velcro pour velours et crochets. Le brevet a été déposé en 1952.

Point commun de toutes ces histoires : le hasard et une bonne dose d’opiniâtreté.


J’avoue que l’idée me fascine. Pourriez-vous être un bon « sérendipitiste » ?
Il faut d’abord ne pas aimer suivre les règles définies et les idées dominantes ( je suis assez en phase). Il faut préfèrer se laisser détourner pour une rencontre ou une idée. Et donc faire confiance. Nous en avons besoin. Dans notre monde actuel, le design, le marketing ou encore le management utilisent de plus en plus de cas de sérendipité pour stimuler ou anticiper l’innovation dans les laboratoires de R&D. Cette lecture est idéale durant le week-end : laissez-vous porter par le hasard.

mercredi 31 mai 2017

Les Français prêts à consommer autrement et avec le sourire: non ce n'est pas l'effet Macron




Les Français recommencent à se projeter dans l’avenir et à s’ouvrir un peu plus aux autres. C’est la conclusion de Greenflex face à ce baromètre réalisé en pleine campagne présidentielle par Kantar Media TGI France*. Il traduit un retour de l’optimisme dans notre société.

Pour Greenflex qui accompagne les entreprises dans la transition écologique, un indicateur est emblématique : le bien-être des proches. Il occupe la première place des préoccupations des Français. 

Donner vie à ses projets et être heureux est aussi prioritaire tandis que les inquiétudes liées à la crise et au chômage reculent légèrement.

Par ailleurs, regain d’optimisme oblige, 58% des personnes interrogées estiment que l’on devrait réviser une partie de notre modèle (une progression de près de 4 points). L’an dernier l'idée de repartir à zéro était nettement plus marquée. 32% des Français la partagent. Et n'allez pas dire que c'est Emmanuel Macron qui a changé les esprits :)



Dans ce contexte, la consommation responsable progresse mais ne s’efface pas devant la volonté de consommer tout court.

Pour 52,9% des Français, consommer responsable c’est « consommer autrement », donc des produits labellisés, certifiés, éthiques, locaux et moins polluants.

On voit une progression de 12,5 points depuis 5 ans

59% des Français affirment regarder les étiquettes et 55% les labels même s'ils ne savent pas ce que cela représente nécessairement.




La santé est plus que jamais le premier levier de consommation responsable.

44,5% achèteraient des produits respectueux de l’environnement parce qu’ils sont meilleurs pour la santé

Le local est devenu une sorte de label intuitif du produit responsable. Il s’agit en premier lieu d’un acte de conviction et d’engagement. Le local rassure par ailleurs sur la santé. Le cas n’est pas avéré mais les Français veulent y croire parce que désormais deux sujets les préoccupent en priorité : la pollution et la disparition des espèces animales et végétales.

La pollution reste le premier motif d’inquiétude mais la préservation de la biodiversité explose : 24,6% des Français s’en inquiètent contre 14,9% l’an dernier 



Comme les Français ne sont pas à un paradoxe près, ils affichent une défiance grandissante vis-à-vis des entreprises et des marques

27% d’entre eux leur font confiance contre près de 58% en 2004

En même temps ils portent beaucoup d’espoir dans ces mêmes entreprises pour être des acteurs du changement.

45% des Français croient d'ailleurs dans les marques quand elles s’engagent dans le développement durable.



Les Etats arrivent en 2ème position de ces acteurs du changement devant les individus.

Pour Bruno lechevin président du conseil d’administration de l'Ademe « cet argument est indispensable.  Les Français sont prêts à s’impliquer via des petits gestes mais ils sont encore nsuffisants. Ils ne peuvent pas agir seul. »

Fait marquant de ce baromètre, les distributeurs gagnent du terrain en 4ème position. Ils apparaissent comme une alternative crédible et légitime. La montée en puissance du bio en est le symbole. Pour David Garbous directeur marketing stratégique de Fleury Michon » flécher l'offre de façon plus précise va devenir nécessaire.  Chez nous, nous voyons une progression du chiffre d’affaires à 2 chiffres sur des offres liées aux labels et à la transparence des filières. »





Enfin l'analyse des profils des personnes interrogées prouve qu'il y a de plus en plus d’extrêmes face à la consommation responsable

Ainsi l'engagement se radicalise. Les.néo-activistes représentent 9% de la population.

Face à eux, des Francais qui ne s’impliquent pas par choix (12%) ou par nécessité (16%). Ces 2 groupes vivent ainsi la santé comme une fatalité 

Une ultime raison d’être optimiste: même sans s’engager, 71% des français se disent concernés par le sujet.






*Étude Kantar Media TGI France réalisée auprès de 3800 répondants de mi-février à mi-mars 2017

mercredi 17 mai 2017

L’homme providentiel de la transition




J’avoue ne pas être du genre à idolâtrer. Peut-être parce que je perçois relativement bien la part de luminosité mais aussi le côté obscur de la force que nous avons en chacun de nous. Je n’ai donc pas cédé à la Macronmania. Pour être très franche, il m’a même fallu me donner quelques coups de pied aux fesses. Une fois notre nouveau président élu, je me suis dit : « faisons-lui confiance ».  Je sais que l’écologie n’est pas dans ses gênes mais il écoute. Chapeau bas ! Il nomme l’homme qu’il faut là où il faut : Nicolas Hulot. Je ne verserai pas dans l’idolâtrie ,comme je le disais, mais je reconnais avoir un grand respect pour Nicolas Hulot. J’ai suivi ses prises de positions. Le pacte écologique en 2007 avait fait bouger les lignes sous Nicolas Sarkozy. Je l’ai vu de plus près ses derniers mois car j’ai eu la chance d’animer des débats où il était présent, à la Biennale des Villes en transition à Grenoble puis au salon Produrable. J’ai apprécié de l’entendre parler de ce qui me touche. Première rencontre : il entre dans la loge où je finis de peaufiner les échanges, me salue et me dit : « Je vous laisse travailler et vous concentrer, je sais ce que c’est. » Rien à ajouter.



L’homme doit avoir sa part d’ombre mais il a en tous cas une grande qualité, ne pas être mû par la vanité. Son tweet sur sa nomination est à son image : «ceux qui me connaissent savent qu’être ministre n’est pas pour moi un objectif en soi…L’urgence de la situation m’impose de tout tenter pour faire émerger le nouveau modèle de société que nous appelons collectivement de nos vœux. » La tâche n’est pas aisée. Il le dit lui-même. Son ministère porte déjà un nom qui est tout un symbole : « ministère de la transition écologique et solidaire ». On y retrouve les deux aspects du développement durable. La planète évidemment avec son urgence. Alors va-t-on sortir progressivement du nucléaire ? Comment booster les énergies renouvelables ? Dynamiser l’économie circulaire et remodeler toute notre agriculture ? Et plus près de nous quid de Notre-Dame des Landes? Il y a du pain sur la planche.
Nicolas Hulot n’oublie pas l’homme. C’était tout l’objet de l’ appel des solidarités dont je vous ai parlé en mars dernier. Il s’était fait le porte-parole de 80 associations pour interpeller les candidats à la présidentielle.  Faut-il rappeler qu'en France 1 jeune sur 5 vit sous le seuil pauvreté, qu’on dénombre 600 000 logements indignes et 12 millions de personnes touchées par le handicap?




Et Nicolas Hulot de dire à l’époque « la solidarité ne doit plus être une option sous-traitée mais dans l’ADN de notre démocratie. » Nicolas Hulot n’a pas caché avoir voté pour Emmanuel Macron non par adhésion mais par raison «J’ai lu la feuille qu’a envoyée Emmanuel Macron à tous les potentiels électeurs avant le vote de dimanche [7 mai] : il y a une ligne sur la transition écologique…On voit que ce n’est pas une priorité dans son programme, que cela reste une variable »disait-il dans un entretien au Monde. Il est certain que Nicolas Hulot ne veut pas être une variable. Il a posé ses conditions. Ses sujets ont le mérite de transcender les clivages comme le souhaite le nouveau président. Il va devoir bousculer le petit monde qui l’entoure. Et certainement prendre son bâton de pèlerin avec ses camarades. Je le sais moi-même en convaincue.
Cette nomination me donne des ailes. Je perçois plus que jamais que les thématiques que j’affectionne sont celles qui vont façonner le monde et celui de nos enfants. Et qu'elles doivent insuffler dans toute la stratégie d'un gouvernement. Cette phrase de Nicolas Hulot me revient en mémoire « il ne faut pas être naïf, ni bêtement optimiste mais il est trop tard pour être pessimiste. »