mardi 10 novembre 2015

N’oublions pas le méthane dans toute cette histoire

CO2, carbone, vous n’entendez que ces mots à l’approche de la Cop21....qui déjà en saoule certains. Malheureusement….Nous devenons CO2 addict. Je vais vous ajouter quelques joyeusetés à ce tableau: l’ozone, les particules fines et… le méthane.
Nous pointons alors du doigt, comme un seul homme, ces vilaines vaches qui rotent et nous polluent l'air. Elles ne sont pas les seules responsables.
Veolia à travers son Institut avait donc décidé de consacrer une journée entière, ce lundi 9 novembre aux questions de réduction des émissions de méthane dans le monde. Une conférence internationale au CESE pour parler des solutions innovantes en la matière. J’avoue ne pas avoir pu y passer la journée entière étant appelée par d’autres obligations mais les premiers échanges du matin étaient déjà plus qu’engageants. Pour Veolia, il y a de réels enjeux. Son PDG Antoine Frérot est très clair : le groupe s’est engagé à capter plus de 60% du méthane émis par ces centres de stockage d’ici 2020. Mais pourquoi ? Rappelons que le méthane est le deuxième gaz à effet de serre qui contribue au réchauffement climatique. Sa durée de vie est courte dans l’atmosphère, environ 12 ans mais il a un fort potentiel de réchauffement global. En 2013 un rapport du GIEC l’a estimé 28 fois supérieur à celui du CO2 sur la base d’un horizon fixé à 100 ans et 86 fois supérieur sur 20 ans. Trois causes : l’agriculture, en grande majorité l’élevage et les fameuses vaches qui ruminent dont je parlais plus haut mais aussi la riziculture irriguée, l’industrie pétrolière et enfin la décomposition des déchets. C’est là que la démarche de Veolia qui ne cesse d’adapter ses métiers trouve tout son sens. Pour Antoine Frérot c’est dans les industries pétrolières et évidemment dans le secteur des déchets que "le méthane est le plus concentré, il est donc plus simple d’agir."




Le méthane est d’ailleurs plus facile à capturer, valoriser et à éliminer que le carbone. Un système est déjà mis en place dans les deux tiers des centres de traitement en France. Des puits sont creusés. Le méthane issu de la décomposition des déchets organiques est stocké. Il est ensuite détruit ou valorisé en gaz ou en électricité. Il y a encore un fort potentiel du biogaz en France. En 2014 ,on dénombrait près de 400 installations de tous types, pas seulement dans les stations d’épuration. Pour Antoine Frérot « le coût est compensé par la valorisation ». Il faut tout de même le reconnaître, en matière de méthanisation les coûts sont encore globalement rédhibitoires. Veolia y croit. Sur son site d’Artois, il transforme les déchets en biogaz et compost. Il fait de même en Chine en valorisant le gaz généré par le site d’enfouissement de Laogang. Mais la bataille ne se remporte pas seul. Antoine Frérot réclame comme d’autres un « juste prix du carbone »pour dissuader les pollueurs et inciter les dépollueurs. Selon lui, ce type de démarche peut être mise en place partout dans le monde. Veolia milite d’ailleurs pour que la captation du méthane devienne la norme de fonctionnement des centres d’enfouissement des déchets. Cependant il reste du chemin à parcourir car, comme le rappelle l’Agence Française dedéveloppement, la collecte n’est pas encore optimisée dans bon nombre de pays.



Les solutions techniques existent en tous cas :  Veerabhadran Ramanathan professeur émérite à l' université de Californie a délivré un message d’espoir en estimant que les technologies pouvaient permettre de diminuer de 50% ce méthane. Mais elles ne feront pas tout. Quid de l’élevage ? Des chercheurs américains viennent de mettre au point un inhibiteur de méthane qui réduit de 30% les effets de la rumination. Mais n’avons-nous pas aussi des habitudes alimentaires à modifier ? Et n’oublions pas le méthane emprisonné dans le permafrost, ces sols gelés des régions arctiques. Une bombe à retardement car, en fondant il libère ces gaz toxiques. Des entreprises s’engagent, des nouvelles technologies sont employées, il faut aussi une volonté forte de nos Etats. Nous sommes tous liés, il est toujours bon de le rappeler.



 

 

 

 



 

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